


L'aventure commence jeudi 23 août. Beaucoup de traileurs dans les rues de Chamonix. Je prends le bus direction Courmayeur pour récupérer dossard, puce, faire contrôler mon matériel obligatoire... Puis 1ère «course » le soir à la recherche d'une pizzeria. Et oui, je mange toujours une pizza la veille de mes courses.
Vendredi 24 août, la pression commence à monter quand nous nous trouvons dans la file d'attente pour prendre notre bus pour Courmayeur. Une file indienne de près de 1 km qui nous fait penser que le départ sera sûrement retardé. Christian est parti en voiture pour assister à notre départ. Il est 12 h, il fait très chaud, des milliers de spectateurs sont massés dans les rues de Courmayeur. Comme prévu, le départ sera donné avec une demi-heure de retard car tous les bus ne sont pas arrivés. Nous profitons de cette attente pour nous asseoir par terre sous la banderolle. On aurait dit qu'on faisait grève mais il fallait bien garder notre énergie pour la suite.
1 650 coureurs au départ direction refuge Bertone, première difficulté du parcours. La montée se fait en file indienne, difficile de doubler mais tant pis, il restera encore 80 km pour le faire. Je passerai au 1er contrôle en 117e position et 11e féminine. Je poursuis tranquilement sans vraiment me soucier de ma place, la route est encore longue. Beaucoup de photographes et de spectateurs sont massés sur les bords du chemin de la partie italienne. 17e kilomètre et 2e grosse difficulté : le grand col Ferret et le passage en Suisse. Je m'aide des bâtons dans les montées pour économiser mes jambes. Puis c'est une longue descente jusqu'à la Fouly (30e km). Je n'ai pas de super sensations mais je poursuis ma route, souvent seule. Il me tarde de voir Christian, cela signifiera que j'ai fait la moitié du parcours, mais avant cela il me faut remonter sur Champex lac.
J'arrive au ravitaillement sous la clameur du public venu nombreux. Cela fait chaud au coeur, d'autant que Chris est là , prêt à me réconforter. Quelques minutes d'arrêt pour remplir mes bidons, me ravitailler, répondre à une interview de la télévision, un petit bisou à mon chéri et me voilà repartie en 7e position. Je commence à me sentir bien. La montée de Bovine et ses marches sera ma prochaine grosse difficulté, puis la descente sur Trient où la nuit fera son apparition. A Trient, tout le monde m'attend, Chris a déjà fait l'attaché de presse auprès du public. Courte pause avant d'attaquer les Tseppes qui constitue la dernière grosse difficulté du parcours. Comme à mon habitude, je grimpe à mon rythme et entame la descente sur Vallorcine. J'ai l'impression d'être seule dans cette nuit de pleine lune, uniquement accompagnée des bâtons lumineux qui éclairent mon chemin. Je gère la descente afin d'éviter de me faire une entorse à 2 mois de la Réunion.
A Vallorcine, au km 70, je passe 47e au scratch et me sens de mieux en mieux. Je ne ferais qu'une bouchée du col des grands montets et rejoins Argentière, où Chris m'annonce que la 4e féminine est à 4 mn devant. Je lui dis « pas de problème je vais la chercher » tellement je me sens sur un nuage. 2 km plus loin, je double Yvonne Radondy, qui ne pourra que me regarder passer, elle était « cuite ». Super, je suis 4e. Je continue mon chemin toujours à un rythme soutenu et à 3 km de l'arrivée, qu'elle ne fut pas ma surprise d'apercevoir la 3e féminine. Elle restera aussi sans réaction devant ma foulée « volante ».
Il ne reste plus qu'à franchir la ligne d'arrivée à Chamonix. Chris tout surpris de me voir pointer en 3e position n'a même pas eu le temps de prendre la photo. Je tomberai dans ses bras, heureuse d'avoir bouclé ce tour en 12 h 53 mn, 35e au scratch sur 1 650, 3e féminine, 1ère française et 1ère V1.
Une aventure extraordinaire avec beaucoup d'émotions à l'arrivée. Un remerciement tout particulier à Christian qui m'a suivi pendant cette course.
Prochain rendez-vous : la diagonale des fous en octobre 2007.
Martine


Commentaires
tu as du me doubler dans la montée de Bovine ou dans la montée vers Champex...
belle course, bravo a toi
Jérome
Même en habitant villeurbanne, on peut s'entrainer au dénivelé !
Cool cool
Tu est venue, tu as vu et tu as vaincu!!
A te lire ce serait presque trop facile!!
Le grand tour en 2008 alors!
Bravo et tapis rouge pour toi!!
Dis, si tu remets ça l'année prochaine, inscris-toi sur la liste des coureurs pour le challenge karleskind. Non pas pour la perf, mais comme ça, on pourra suivre ta progression "live".
A peluche
Coli
quel superbe chrono!!!!!
bravo Martine, tu es une sacrée championne!!!!!
may
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