Récit de la course : L'Oriente 2007, par oufti

L'auteur La course
Kikoureur : oufti
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oufti
Course : L'Oriente
Date : 12/8/2007
Lieu : Ghisoni (Haute-Corse)
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Distance : 20 kms
Matos :
Objectifs : Pas d'objectif

 

« La 3ème édition de la course de montagne « Corsa di l’Oriente » s’est disputée ce dimanche 12 août au départ de Ghisoni. Inscrite au challenge « Muntagne Corse » cette course organisée par l’association Sintineddi présidée par Marie Arrighi, est considérée pour être une des plus difficiles compétitions qui ont lieu en Corse. Non pas par la longueur de son parcours qui n’est que de 20 kilomètres mais par son important dénivelé (+1500m). »  (Extrait de Corse Matin)

C’est en Corse du Sud que je suis parti cette année en vacances. J’avais dans l’intention de faire une sortie longue sur 1 ou 2 jours dans la partie sud de l’île, mais ce fut trop difficile à planifier avec la famille.  C’est par hasard sur le net ( http://www.santamariaccia.com ) que je découvre une course de montagne, « l’Oriente », qui se déroule pendant le temps de mes vacances, le dimanche 12 août. J’hésite à y aller. Parce que la route est longue de Propriano à Ghisoni, presque 2h30 de route pour y aller, cela fait 5h de voiture sur la journée !!! Et puis je dois me lever à 5h !!! Dur dur pour des vacances jusqu’ici très très plage…

 

Finalement, je décide de partir dimanche matin. La route est longue et je fais confiance à mon GPS qui me fait bifurquer peu avant Ajaccio dans la montagne. Erreur fatale !!! Il n’y a plus que 60 kilomètres pour arriver à Ghisoni mais ils sont terribles et je crois pendant longtemps que je ne vais pas arriver à l’heure au départ…

 

Sur la route allant à Ghisoni.

J’arrive vers 8h à Ghisoni exténué par la route, le départ est à 8h30. Je n’ai donc pas de temps à perdre. Retrait du dossart et tout le tralala habituel pour s’équiper. Je ne sais pas trop comment m’équiper, je sais que la course est longue de 20kms et qu’il y a du dénivelé, +800m, je crois avoir vu sur le net.

Première leçon de la journée : toujours connaître le parcours exact de la course !!!

Ensuite, je me dis que la course n’est pas bien longue et un organisateur me dis qu’il y a quatre ravitos sur la course. Donc, je me dis que le camel ne sera pas nécessaire, et puisque des petites bouteilles d’eau sont disponibles aux ravitos, je décide de ne pas prendre de gourde non plus !!!

Deuxième leçon de la journée : il fait chaud dans la montagne corse, même le matin !!!

Pour couronner le tout, je ne prends pas non plus mes bâtons, puisqu’il n’y a que 800m de dénivelé… Lorsque j’arrive un peu à la bourre sur la ligne de départ sur les hauteurs du village, je regarde autour de moi, et je commence à comprendre les erreurs que je viens de faire : presque tous les coureurs ont des bâtons, et tous sans exception, même les premiers, ont un camel ou une gourde à la ceinture. Je demande à l’organisateur quel est le dénivelé de la course et il m’annonce +1500m !!! Horreur !!! Je veux regarder l’heure pour voir si je peux redescendre à la voiture, et je m’aperçois que j’ai oublié ma montre !!!

Troisième leçon de la journée : bien préparer son matos même lorsqu’on est en vacances !!!

Je demande à un coureur l’heure et il est déjà 8h20, pas le temps de redescendre… Enfin, je conclus magistralement en me plaçant dans les premières lignes du peloton de coureurs pour bien me mettre dans le rouge dès le début de course.

Quatrième leçon de la journée : pour bien gérer sa course, mieux vaut partir lentement !!!

Sur la ligne de départ, je vois le sosie de Laurent Jalabert. Incroyable comme il lui ressemble !!! J’apprendrai plus tard que c’était vraiment lui… Cette année, on note aussi la présence de Thomas Lorblanchet, leader du challenge Salomon, et bien sûr de Franck Biaggi, le champion incontesté en Corse, et surtout sur cette course de l’Oriente où il s’impose depuis deux ans.

 

A 8h30 le départ de la course est donné par l’organisatrice qui donne les recommendations d’usage. Et je note qu’il est demandé « de ne pas jeter trop de déchets dans la nature ». Ce sera le gros point noir de la journée : je n’ai jamais vu autant de déchets (bouteilles, gels, etc…) sur un parcours. C’est dommage pour l’image de la course. Je sais que les organisateurs vont tout (presque tout ?) ramasser mais c’est selon moi contraire à l’esprit.

Je décide donc de me placer dans les premières lignes pour ne pas partir trop lentement. Ben oui, c’est normal, non ? Comme je n’ai pas pris d’eau avec moi, je dois courir vite pour aller boire au premier ravito ! Pas con , le mec ! Dès le départ, on est très vite dans le vif du sujet, avec une très très longue montée vers le sommet de la course, l’Oriente, qui culmine aux alentours de 2000m. La montée est très très raide et j’ai du mal à suivre le rythme. Il faut dire que je dois être dans les 30 ou 40 premiers sur un peloton de 140 coureurs. D’ailleurs, la 1ère féminine me passe et terminera 22ème au scratch. Le soleil commence déjà à taper et j’ai soif. Je sais aussi que je vais certainement le payer cash. J’arrive enfin au premier ravito et j’ai le bon réflexe d’emporter avec moi 2 petites bouteilles d’eau, une dans chaque main.

Dans la 2ème moitié de la montée, le parcours devient vraiment technique, il faut chercher son chemin au milieu des rochers, il faut s’aider avec les mains pour escalader certains rochers trop pentus, des cordes permettent de monter les passages trop délicats.C’est aussi à partir de cet instant, que je commence à me faire doubler. Il faut dire que je ne suis pas trop à l’aise avec mes 2 bouteilles en main, alors que les autres coureurs me dépassent en s’aidant de leurs bâtons ! Enfin le sommet, la vue est vraiment superbe, on voit la mer au loin.

Ensuite, on continue sur un sentier vraiment difficile à flanc de montagne. Difficile parce qu’il est vraiment technique. Je peste sur mes bouteilles et mon manque d’organisation. Puis après un petit coup de cul vient la descente en deux temps. La première partie est très technique et c’est vraiment difficile de courir. Je manque plusieurs fois de me casser la figure. Il s’ensuit un passage sur le GR20 en faux plat montant où je cours presque sans discontinuité. J’en profite pour doubler quelques concurrents. Et puis, juste avant le 3ème ravito, je reçois un coup énorme sur la tête, si violent que je tombe par terre. J’essaie de me relever mais je retombe aussitôt. Je suis ko. Je saigne légèrement à la tête. J’essaie de comprendre ce qui m’est arrivé. Quelqu’un m’a-t-il jeté une pierre sur la tête ? Est-ce que je me suis fait fauché par un sanglier sorti tout droit du maquis ? En relevant la tête, je comprends que j’ai percuté une grosse branche en plein sur le front. Avec ma casquette et puisqu’on regarde tout le temps ses pieds sur ces sentiers très techniques, je n’ai pas vu la branche ! Heureusement après quelques secondes de marche, je peux continuer la course.

Enfin, la dernière descente sur Ghisoni est un peu moins technique mais très pentue et fait très très mal aux cuisses. Je paie alors cash toutes mes erreurs accumulées depuis le début. Je n’ai plus de jus et la descente devient interminable. Je me fais doubler par nombre de coureurs mais je ne pense plus au classement, je n’ai plus qu’une seule idée : en terminer. La 2ème féminine me passe sur la fin de la descente. Je commence même à marcher dans la descente ! Enfin, le village apparaît, quelques escaliers, j’entends des coureurs revenir sur moi. Je pourrais sprinter pour garder ma position mais c’est le moindre de mes soucis et je préfère profiter de ces derniers mètres pour palper l’ambiance. Il faut dire que bon nombre de gens nous encouragent dans le village. Trois coureurs me dépassent en sprintant et puis je passe la ligne d’arrivée.

La ligne d'arrivée sur la place de l'Eglise. 

Du côté des premiers, Emil Hrnciar termine aux coudes à coudes avec Franck Biaggi et lui grille la politesse sous l’arche d’arrivée, alors que Thomas Lorblanchet termine le podium. Par la suite, je serai étonné de voir que je termine néanmoins en 69ème position en 3h47. Vu le nombre de coureurs qui m’a dépassé dans la descente, j’aurai pu faire beaucoup mieux avec l’équipement adéquat.

Après une bonne douche et un tour à l’infirmerie pour soigner ma blessure à la tête, je me rends au repas d’après course qui est simplement gargantuesque. Je n’ai jamais vu cela ! Une dizaine de tables sont dressées avec des produits du terroir ! Malheureusement, je suis attendu et je ne peux m’attarder. J’ai quand même le temps de discuter un peu avec un coureur venu de Clermont Ferrand et qui passe ses vacances à Ajaccio et qui s’est également pris la branche en pleine face dans la descente ! J’ai l’impression de l’avoir déjà vu quelque part mais je ne sais pas où. Plus tard, en voyant le classement, lorsque j’ai vu le nom de Thomas Lorblanchet, j’ai compris que c’était lui… Drôle de journée où je vois Laurent Jalabert et discute avec T. Lorblanchet sans la savoir…

Lorsque je retournerai en Corse, j’essaierai certainement de participer encore à une course de montagne.

Merci aux organisateurs.

Merci aussi à la centaine de bénévoles mobilisés pour assurer le plein succès de ce rendez-vous sportif.

Commentaires

Le 19/08/07 à 22:16, commentaire de le_kéké
Merci pour cette balade Corse pas de tout repos :-)
En tout cas une bonne idée pour la prochaine fois que je vais apsser mes vacances en Corse.
En tout cas ton récit est très sympa et rigolo à lire.

A+ Philippe

Le 20/08/07 à 14:45, commentaire de seapen
ta capacité à encaisser les coups efface la dramatique des situations. de ce fait je n'ai pas pu m'empêcher de sourire voire de rigoler durant la lecture. pourtant tu frôles l'accident grave lorque tu failli tomber et par le coup violent sur la tête. j'ai déjà expérimenté légèrement ce genre de choses. j'imagine ls sentiers corses très caillouteux et très "casse gueule". faut être solide, manifestement, tu l'es. salut.

Le 20/08/07 à 22:31, commentaire de moumie
salut,

merci pour ce cr qui m'a fait sourire. Décidément, ce matin là tu auras dû rester au lit ou aller faire un tour à la plage :-))

bravo pour ta course

Le 21/08/07 à 23:07, commentaire de JLW
"Drôle de journée où je vois Laurent Jalabert et discute avec T. Lorblanchet sans la savoir…"

Rien que pour cela tu as bien fait de te lever ce matin, au contraire.
Merci pour ton sympathique récit ou tu t'es quand même bien super bien débrouillé avec tes handicaps au départ.

Le 07/09/07 à 11:44, commentaire de figatelli13
cinquième leçon : avant de partir en vacances , regarder les comptes rendus de courses des années précédentes de la région visitée !

Bienvenu au club de ceux qui ont pris l'Oriente en pleine poire ( au figuré pour moi)

Je suis déçu de n'avoir pu faire l'Oriente ( la date a été déplacée au dernier moment ( initailement prévue au 5 août), j'aurai été ravi de rencontrer un Kikoureur !

Sinon j'ai adoré ton CR , il m'a rappelé des souvenirs, bravo pour ta course car je sais qu'elle est vraiment dure !

PS : par ou tu es passé pour arriver près d'Ajaccio pour aller de Propriano à Ghisoni ?




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